Regard croisé sur le partenariat

Partenariat entre Benoit Marie et ARMOR

Benoît Marie, vous venez de remporter la Mini-Transat 2013 dans la catégorie prototypes, François Barreau vous êtes Responsable marketing et développement d'ARMOR Sustainable Energies (ASE). Un monde semble vous séparer et pourtant, vous formez un partenariat qui fonctionne. C’est quoi le secret d’un partenariat qui marche ?

BM : Au début quand on commence, on a tendance à penser que le partenariat passe uniquement par l’aspect financier. Mais très vite, à force de rencontres, on comprend qu’il ne peut pas y avoir un bon partenariat sans une vraie Histoire d’Hommes, sans un vrai échange. Le partenariat ne s’arrête pas à ce qui est écrit dans un contrat. C’est important d’aller plus loin, d’approfondir les choses. Un partenariat c’est avancer main dans la main. Comme dans un couple, on avance à deux et ça nous rend plus fort. Il faut pouvoir échanger pour de vrai avec les gens. Il me parait impensable d’avoir un partenaire avec qui je ne m’entends pas. Si c’est le cas, la relation ne sera pas assez solide pour être pérenne.

FB : Tout à fait, un partenariat c’est réellement quelque chose qui s’inscrit dans la durée. C’est un engagement réciproque dans lequel doivent régner l’écoute et la compréhension des enjeux de chacune des parties. Comme le dit Benoît, on essaie souvent de résumer un partenariat par un contrat, mais je pense que le partenariat doit aller au delà de cet aspect purement administratif afin d’aller au bout des choses et réaliser ensemble ce qu’on avait décidé d’accomplir. Un autre aspect est primordial pour moi dans la notion de partenariat, c’est le fait de croire en son partenaire. Un partenariat c’est aussi oser prendre des risques : on peut tout perdre ou tout gagner. Mais quand on se dit qu’il y a quelque chose à faire, on met les moyens de le faire ensemble !

Benoît, quelle place ont joué vos partenaires dans votre succès ?

BM : C’est très simple, sans eux, je n’aurais juste pas pu réaliser mon rêve. Ne serait-ce que pour une question financière. On ne peut pas préparer une course dans de bonnes conditions sans un minimum de budget. Les partenaires m’ont aussi été indispensables d’un point de vue humain. Par exemple, j’ai embarqué avec moi au cours de la Mini-Transat, un sac à ouvrir en cas de coup dur. Il était rempli de petits mots de soutien écrits par ma famille et mes partenaires. Ça m’a énormément touché et encouragé à continuer ! Quand on sait qu’on est suivit par une centaine de personnes à terre, forcément on se défonce, on n’a pas le droit de baisser les bras, ça ne peut qu’apporter une motivation encore plus importante.

ARMOR a joué un rôle encore plus particulier dans la réussite de mon aventure.  C’était un des tous premiers partenaires à avoir cru en mon projet et à m’avoir soutenu financièrement à un moment où je ne voyais pas forcément comment m’en sortir. Mais à partir du moment où une boîte comme ARMOR croit en toi et en ton projet, ça rassure et ça t’ouvre de nombreuses portes. C’est un partenaire qui m’a fait énormément de bien. On peut dire qu’ils sont arrivés au bon moment.

François, vous, comment décririez-vous le rôle que vous avez joué auprès de BM et que vous souhaitez jouer auprès de vos partenaires ?

FB : Nous ne sommes pas dans une position de sous-traitance ! Dans notre vision du partenariat, les deux partenaires doivent progresser ensemble, de façon équitable. Et puis il y a une dimension humaine très importante qui va faire que les choses vont se passer ou ne pas se passer.

Le partenariat semble reposer en grande partie sur une Histoire d’Hommes. Le partenariat joue-t-il un rôle social ?

BM : Je suis Nantais et mes partenaires sont en grande partie Nantais. Et c’est sûr que je suis très fier du groupe de partenaires que j’ai monté autour de moi et autour de valeurs communes. Mes 37 partenaires et moi, nous démontrons que dans notre société où tout doit être constamment accessible, pas cher et où la relation durable n’est pas forcément mise au premier plan, des individus qui croient en des valeurs différentes peuvent se réunir autour d’un projet dont ils sont acteurs et auquel ils croient. Le partenariat, c’est un peu une manière de recréer un petit monde de valeurs partagées.

FB : Nous vivons dans un monde qui ne cesse de ressasser des images et des informations anxiogène. Il est important de montrer que les choses ne sont pas figées ad vitam aeternam. Offrir l’opportunité de croire en de nouvelles choses, se fixer de nouveaux buts et proposer une nouvelle vision du monde, c’est salvateur ! Pour l’avoir vécu, s’associer à un nouveau projet ça créé une dynamique énorme au niveau des équipes. Ça donne de l’avenir et de l’espoir. La nouveauté c’est une façon saine de lutter ou d’avancer.

Vous pourriez envisager la suite sans partenaires ?

BM : Pour moi, c’est tout bonnement impensable. On ne peut pas appréhender un sport technique comme celui que je pratique sans partenaires. Ne serait-ce qu’en termes de performances. Ce sont nos partenaires techniques qui nous font gagner en performance.

FB : Sans partenaires, on se priverait des challenges qui nous font avancer et progresser. Et sans challenges, comment se surpasser ?